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Blog mis à jour: 21/11/2008 17:22

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Je m'appelle Jean-Claude St-Louis. Je suis québécois de souche. Mes ancêtres venus du Poitou, en France, sont arrivés au Québec en 1658.

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   MAL DE TERRE, D 'HUBERT REEVES  0 commentaire
[03/08/2008 8:10]

MAL DE TERRE, D'HUBERT

REEVES

Selon Hubert Reeves, astrophysicien mondialement connu, la terre est mal en point. Le réchauffement du climat, l’épuisement des ressources naturelles, la pollution des sols et de l’eau, le taux effarant d’ extinction des espèces vivantes, etc, en sont les principales causes.

Dans son livre, Mal de terre, monsieur Reeves dresse un bilan précis et fort inquiétant des menaces qui pèsent sur notre monde. Le sort de l’aventure humaine, entamée il y a des millions d’années, peut se jouer en quelques décennies.

Selon Hubert Reeves,  notre avenir est entre nos mains. Il faut réagir rapidement avant qu’il ne soit trop tard. Le principe est pourtant simple : Nous voyons actuellement de la fumée envahir nos demeures. Allons-nous attendre qu’il y ait le feu pour réagir ?

La principale préoccupation,  est celle concernant le climat à l’échelle planétaire. Nous en observons déjà les effets négatifs, mais ceux à venir sont infiniment plus angoissants. Pensons seulement à la diminution de 40% de l’épaisseur de la banquise au pôle Nord, depuis les années 60 seulement.

Cette banquise qui recouvre et emprisonne des quantités phénoménales de méthane, va, en s’amincissant, libérer ce méthane dans l’atmosphère, accélérant considérablement l’effet de serre. Le nombre annuel d’inondations et de cyclones a quintuplé depuis 1950, passant de 20 à 90 avant la fin du siècle dernier. La multiplication des événements climatiques pourrait être d’une violence exceptionnelle.

L’autre préoccupation toute aussi inquiétante, est celle de la disparition des espèces vivantes. Un nombre ahurissant de 27,000 espèces sont éliminées à chaque année. En 1998, une enquête parmi les biologistes, a démontré que 70% d’entre eux croyaient qu’une extinction massive des espèces vivantes était en cours. Il n’est pas irréaliste de prévoir que nous aurons exterminé la moitié de toutes les espèces vivantes, au milieu du XXIe siècle, soit dans environ 40 ans.

La nature ne fait pas de cadeau. Aucune espèce n’est à l’abri de l’extinction, pas même l’espèce humaine. Est-ce à dire que ce serait la fin de toute vie ? Pas du tout ! Depuis des millions d’années, des espèces sont nées, ont vécu et ont disparu. La vie, elle, a toujours continué.

Le critère est bien simple, ajoute monsieur Reeves : Seules survivent les espèces qui établissent un rapport harmonieux avec leur environnement. Pouvons-nous prétendre que c’est ce que nous faisons actuellement ?

***

Source :

Reeves, Hubert. Mal de terre. Paris : Éditions du Seuil, 2003, 260, [1] p. (cote Dewey : 304.28 R332m).





   LE MASSACRE DE LA TERRE  0 commentaire
[26/07/2008 4:54]

LE MASSACRE DE LA TERRE

À chaque année, on compte jusqu’à six milliards de tonnes de carbone qui sont rejetées dans l’atmosphère et à celles-ci, il faut ajouter trois millions de tonnes qui proviennent de la déforestation.

On déplore la destruction de cent acres de forêts tropicales À LA MINUTE, entraînant l’extinction d’au moins vingt mille espèces animales par année.

On constate également la destruction de plusieurs milliards de tonnes de sol arable, causant le déclin de l’agriculture.

Les émissions de gaz à effets de serre ont doublé, entraînant une hausse de cinq degrés de la température en moins de cinquante ans. Avant 1990, il aura fallu dix mille ans pour augmenter la température de cinq degrés. Il en résulte une fonte accélérée des glaciers.

À cause justement de la fonte des glaciers, il y aura un rejet de cinq cent millions de tonnes de méthane dans l’atmosphère à chaque année, détruisant la couche d’ozone.

La fonte des glaciers sera également la cause de l’augmentation considérable du niveau des mers, entraînant la disparition de zones habitées et le déplacement de millions d’êtres humains.

Le réchauffement de la planète va créer des ouragans dévastateurs avec des vents qui pourront atteindre 360 kilomètres/heure.

L’explosion démographique est autre facteur inquiétant. À Mexico, où on comptait deux millions d’habitants en 1940 et vingt millions en 1990, on retrouve, à chaque jour, trois millions de véhicules en circulation et trente mille usines qui crachent des millions de tonnes de polluants dans l’atmosphère. L’air est irrespirable et dans quelques années, Mexico deviendra inhabitable.

Au Canada et aux États-Unis seulement, on produit 70% des émissions de gaz à effets de serre en Amérique du Nord. Le pays le plus pollueur, les États-Unis, a refusé de signer le protocole de Kyoto, limitant timidement ces émissions qui détruisent la couche d’ozone. Le Canada a fait de même.

La destruction de la couche d’ozone va entraîner des cancers de la peau, des cas de cécité et l’affaiblissement du système immunitaire chez les humains.

Les forêts tropicales sont détruites les unes après les autres. Le Japon, à lui seul, engouffre 40% du bois abattu dans les jungles de la planète. Il est le grand responsable de la destruction des forêts des Philippines, de l’Indonésie, de la Malaisie et de la Nouvelle Guinée. Il détruit même des espèces animales protégées, malgré les traités internationaux. Sous le prétexte de recherches scientifiques, il tue les baleines. Il tue également cent mille dauphins par année dans des filets géants.

Un nombre incroyable de cinquante-quatre espèces animales disparaissent CHAQUE JOUR, à cause d’activités économiques dans le monde.

Les engrais chimiques contaminent la nappe phréatique et contribuent à l’effet de serre en libérant de l’oxyde d’azote. L’eau potable va devenir tellement rare qu’elle va éventuellement entraîner des sérieux conflits entre pays.

Les pesticides sont responsables de près de deux millions d’empoisonnements par année dans le monde. Jusqu’à quarante mille personnes en succombent, surtout dans les pays en voie de développement. Aux États-Unis seulement, on répand cinquante sortes de pesticides dans au moins trente états.

L’automobile, le pire ennemi de l’environnement, rejette, en un an, cinq à six fois son poids en carbone. Plus de quatre cent millions de véhicules encombrent les routes du globe (aujourd'hui, c'est plus de un milliard). À New York seulement, la circulation automobile brûle en une seule semaine, plus d’énergie que toute l’Afrique en un an. Les véhicules rejettent 47% des oxydes d’azote qui causent les pluies acides.

Les pluies acides tuent ! Nos érablières et nos lacs se meurent. Au Canada, cent cinquante mille lacs sont en train de mourir à cause des pluies acides.

Et le pétrole ! Environment Protection Agency rapporte qu’il y a plus de dix mille déversements accidentels de pétrole dans les mers, à chaque année, détruisant la faune et polluant les côtes.

Tout ce massacre de la terre est causé par la philosophie actuelle de notre société : « Faire de l’argent ».

Le seul objectif de l’énorme machine de l’économie mondiale est de créer de la richesse aux dépens de la survie de tous les êtres vivants, incluant les êtres humains.

Notre société admet que la pollution et la destruction de l’environnement sont le prix à payer pour le développement et le progrès.

Notre monde semble engagé dans un pacte de suicide collectif.

***

Source : Gordon, Anita et David Suzuki. En route vers l’an 2040 : un portrait saisissant de l’état actuel de notre planète et des illusions qui menacent notre avenir. Traduction de Françoise Forest. [Montréal] : Libre expression, 1993, 310 p. (cote Dewey : 304.28 G662e)

Autres lectures





   EN ROUTE VERS L'AN 2040  0 commentaire
[04/07/2008 17:05]

EN ROUTE VERS L'AN

2040

Dans ce livre, écrit par Anita Gordon et David Suzuki, en 1993, les auteurs n'ont pas livré une vision apocalyptique basée sur de la science-fiction. Au contraire, ils ont fait une projection de l’avenir à partir de données informatiques précises. Habituellement, les scientifiques sont très prudents : ils parlent de tendances, d’indications et de preuves mesurables qui laissent supposer ce qui est probable ou possible.

Cependant, confrontés aux conséquences désastreuses de leurs données, Anita Gordon et David Suzuki, ont enfreint leur voeu tacite de circonspection pour nous inviter à faire une incursion dans le futur, persuadés que c’est là l’univers cauchemardesque dont nos enfants hériteront, si nous laissons libre cours au réchauffement de la planète et à la destruction de l’environnement.

L’année 2040 est appelée dans le livre : "L’année de la désolation". Les auteurs citent la chaleur écrasante des étés, l’élévation du niveau des mers ayant atteint près de deux mètres, la rareté de la nourriture, les prairies de l’Amérique du Nord, autrefois surnommées le grenier du monde et qui ne sont plus qu’une vaste étendue de poussière, de nombreuses famines, de même que des inondations et sècheresses fréquentes. Malgré le côté alarmiste du livre, il n’en demeure pas moins que les évènements actuels donnent, non seulement raison aux auteurs, mais devancent même les échéances prévues.

Mentionnons les données suivantes :

Il était noté que 400 millions de véhicules encombraient les routes du globe en 1993 et on prévoyait que ce nombre pouvait atteindre le milliard avant 2040. Eh bien, c’est fait ! Il y a actuellement, plus d' un milliard de véhicules sur nos routes et ce facteur est dû, en grande partie, à la croissance économique phénoménale de la Chine qui, avec un milliard, trois cent millions d’habitants, vient chambarder toutes les statistiques pessimistes en ce qui concerne la pollution au niveau planétaire.

La Chine, ce géant qui s’éveille et qui va bientôt supplanter les États-Unis comme première puissance économique du monde, va créer de sérieux problèmes environnementaux, considérant le fait que la priorité est accordée à la croissance économique dans ce pays.

La Banque Mondiale a d’ailleurs recensé 16 villes chinoises sur la liste des 50 villes les plus polluées du monde, non seulement à cause des centrales électriques fonctionnant au charbon, mais également à cause de l’augmentation massive du nombre de véhicules. Les émissions de carbone montent en flèche dans ce pays. La Chine est déjà responsable de 14% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Si la moyenne de véhicules par citoyen rejoint celle des Nord-américains, ce sera catastrophique, considérant le fait qu’un véhicule rejette, en moyenne et à chaque année, 6 tonnes de carbone dans l’atmosphère. Les rejets de carbone sont actuellement de plus de 7 milliards de tonnes par an, soit deux fois plus que la capacité d’absorption de la végétation et de l’océan.

Il était noté que le réchauffement de la planète allait créer des ouragans dévastateurs avec des vents pouvant atteindre 360 Kilomètres/heure. L’ouragan Wilma qui a dévasté le Mexique, Cuba et le sud de la Floride, en 2005, a atteint des rafales qui ont dépassé les 300 kilomètres/heure. Cet ouragan est considéré comme le plus puissant à frapper la région et a fait suite à de nombreux ouragans plus dévastateurs les uns que les autres.

Il était noté que 54 espèces animales disparaissaient à chaque jour, à cause des activités économiques dans le monde, ce qui représentait 19710 espèces par année. Actuellement, ce sont entre 40,000 et 50,000 espèces animales qui disparaissent chaque année, soit plus du double de 1993.

Il était noté la destruction systématique des forêts tropicales et le Japon était jugé responsable de 40% de cette disparition. Actuellement, on note la destruction de plus de la moitié de toutes les forêts tropicales de la terre et ce, au cours des cinquante dernières années seulement. La destruction des forêts tropicales, qui abritent plus de la moitié des espèces animales, représente 40 hectares (100 acres), À LA MINUTE.

La couche d’ozone

La fine couche d’ozone agit en haut de la stratosphère comme un bouclier contre les radiations solaires ultraviolettes. Une réduction de la couche d’ozone permet à davantage de rayons ultraviolets d’atteindre la terre, provoquant des cancers de la peau et une altération du système immunitaire humain. D’autres incidences en résultent, dont une perturbation de l’agriculture et une baisse de rendement des récoltes, ainsi qu’une modification, à grande échelle, d’un bon nombre d’écosystèmes.

La qualité de l’air

Les trois principaux polluants de l’air en milieu urbain sont : les anhydrides sulfuriques, les oxydes d’azote et les particules poussiéreuses. Un total de 90% des émissions d’anhydrides sulfuriques provient de la combustion de combustibles fossiles ; les émissions d’azote proviennent des gaz d’échappement ; les particules poussiéreuses, à la fois des émissions des véhicules et la combustion des matières fossiles, provenant surtout de l’industrie. Ces trois agents sont largement responsables des maladies respiratoires, tels les bronchites, pneumonies, asthmes et cancers du poumon.

L’eau potable

Le maintien d’une qualité de vie raisonnable exige 80 litres d’eau par jour. Dans le monde, la consommation varie énormément : à Madagascar, elle est de 5,4 litres par jour et aux États-Unis, elle est de 2000 litres par jour. L’utilisation de l’eau pour l’agriculture est de 4 à 5 fois supérieure à la consommation humaine. Plus de 70% des Nord-américains boivent une eau qui a été traitée par des usines. Le danger est que ces usines n’éliminent pas complètement la pollution, d’où de nombreux problèmes de santé.

Les déchets industriels

Les activités industrielles produisent annuellement des millions de tonnes de déchets, pour la plupart extrêmement toxiques. Les pays industrialisés produisent 90% des déchets industriels dangereux qui sont rejetés dans l’atmosphère. Aux États-Unis seulement, la US Environment Protection Agency a recensé 5000 sites dangereux abandonnés par l’industrie.

Dans certains États de l’ex-URSS, des villages qui sont situés près des industries fonctionnant au charbon, sont perpétuellement recouverts par de la fumée provenant de ces industries. Des enfants de ces villages n’ont jamais vu un ciel bleu de toute leur vie.

La désertification

La disparition de la terre arable est un problème urgent à régler. Aux États-Unis seulement, un tiers des terres arables sont sujettes à l’érosion. En Asie, 40% des terres sont touchées par l’érosion et la désertification. Quand les forêts sont défrichées et que le sol est libéré pour l’agriculture ou le pâturage, rien ne peut le stabiliser : des pertes de terre s’ensuivent rapidement. Les inondations et les glissements de terrain meurtriers qui frappent actuellement de nombreux pays, sont le résultat de la déforestation et la désertification.

Conclusion

Tous les spécialistes s’accordent sur la nécessité de réduire l’utilisation des combustibles fossiles et de mettre un frein à la déforestation de la planète. Hélas, l’énormité des enjeux paralyse les accords politiques et économiques et les gouvernements restent mus par des intérêts à court terme, ce qui les portent à toujours remettre à plus tard, les mesures indispensables à la survie de l’humanité.

***

Sources :

Delclos, M. Marie Delclos présente les grands défis du 3e millénaire. Paris : Trajectoire, c2000, 495 p. (cote Dewey : 133.3 G754)

Gordon, A. et D. Suzuki. En route vers l’an 2040 : un portrait saisissant de l’état actuel de notre planète et des illusions qui menacent notre avenir ; traduction de Françoise Forest. [Montréal] : Libre Expression, 1993 (cote Dewey : 304.28 G662e).

Ponting, C. Le viol de la terre : depuis des siècles, toutes les civilisations sont coupables. Paris : Éditions Nil, 2000 (cote Dewey : 304.2 P816V).

Reeves, H. Chroniques du ciel et de la terre. Paris : Éditions Seuil, mars 2005.

Seager, J. Atlas de l’environnement dans le monde ; traduction de Bruno Trubert. Paris : Autrement, 1993 (série Atlas), 128 p. (cote Dewey : 304.20223 A881





   RACHEL CARSON, UNE FEMME COURAGEUSE  0 commentaire
[22/06/2008 2:40]

RACHEL CARSON, UNE FEMME

COURAGEUSE

Rachel Carson, qui peut être considérée, à juste titre, comme la mère du mouvement écologique, est née en 1907, à Springdale, Pennsylvanie, de parents d’origine écossaise. Toute jeune, elle se montra sérieuse et passionnée pour la nature. Ses proches, l’ayant encouragée à réaliser son rêve, soit celui de devenir écrivain, elle vendit sa première « nouvelle » à une revue pour enfants.

Alors qu’elle étudiait au Collège pour femmes de Pennsylvanie, où elle se découvrit une passion pour la science, Rachel Carson soumit plusieurs poèmes à des périodiques qui les lui retournèrent. En 1928, avec son diplôme en poche, elle entra à l’université John Hopkins, où elle obtint une maîtrise en biologie.

Après un essai dans l’enseignement, elle compléta sa formation au laboratoire de biologie marine de Woods Hole, dans le Massachusetts. En 1936, elle devint biologiste pour le compte de l’Administration des pêcheries. En 1949, elle prit la direction du bureau des publications où elle travailla jusqu’à sa retraire, en 1952.

Rachel Carson n’avait toutefois jamais cessé d’écrire. En 1941, elle reprit un article qu’elle avait fait paraître dans la revue Atlantic Monthley et intitulé « Le Monde sous-marin » pour en faire un livre qui décrivait les merveilles des océans. Même si l’ouvrage n’obtint pas un grand succès, Rachel Carson avait enfin trouvé sa vocation. En 1955, elle compléta sa trilogie sur les océans, avec la publication de son livre « Cette mer qui nous entoure » suivi de « La vie de l’Océan ». Le public fut touché par ses textes, à la fois lucides et sensibles.

Une lettre d’un lecteur qui dénonçait les épandages de pesticides sur une réserve ornithologique, poussa Rachel Carson à étudier les effets du DDT, un produit chimique largement utilisé à l’époque. Ses recherches lui inspirèrent un livre poignant « Silent Spring » ou « Printemps silencieux », publié en 1962, dans lequel elle dépeignait une terre privée du chant des oiseaux, où les forêts dépérissaient, où les humains mouraient de maladies mystérieuses et où des poisons se déversaient sur la terre.

Avec une grande délicatesse, Rachel Carson décrivait les ravages qu’entraînerait la poursuite de l’utilisation massive et aveugle des pesticides et avertissait l’humanité que la nature n’était pas indestructible. Son ouvrage obtint un grand succès et Rachel Carson devint une pionnière qui donna naissance au mouvement écologique dans le monde.

Avant Rachel Carson, personne n’avait pensé que les hydrocarbones chlorés (dont le DDT faisait partie), étaient des tueurs de vie qui ne faisaient aucune distinction entre insectes, oiseaux, poissons et humains. Lorsque les avions répandaient le produit dans un champ, tout ce qui vivait, volait, rampait, était touché. Plus inquiétant encore, on s’aperçut que le produit chimique était stocké dans les graisses des humains qui étaient exposés aux insecticides.

Le poison pouvait y rester en sommeil durant des années, puis commencer un insidieux travail de sape et provoquer un cancer ou d’autres maladies mortelles. Dans un langage aussi simple que possible, Rachel Carson expliquait que tous les éléments de la nature étaient reliés entre eux. Détruire ou endommager un seul de ces éléments entraînait la mise en péril de l’ensemble de la nature. Si la science d’aujourd’hui reconnaît l’œuvre de Rachel Carson, celle de son temps répondit par le mépris. « Elle n’est même pas une scientifique » disait-on ! Elle fut ridiculisée et calomniée, même par plusieurs de ses pairs.

Voyant leurs profits menacés par les « réflexions » de Rachel Carson, qui se répandaient comme une traînée de poudre, les géants de l’industrie chimique lancèrent contre elle une harde d’experts en relations publiques et en dénigrement. On l’accusa d’être une communiste et une pauvre hystérique. Après avoir loué, d’un ton condescendant, l’amour de Rachel Carson pour la nature, le magazine Times attaqua son livre « Silent Spring » en le qualifiant de partial et d’hystériquement emphatique.

Trois années plus tard, l’Agence pour la protection de l’environnement vit le jour, avec pour but l’établissement du droit des citoyens à un environnement propre. En 1972, l’usage du DDT fut interdit aux États-Unis. Malheureusement, Rachel Carson ne vécut pas assez longtemps pour se réjouir des résultats de son livre « Silent Spring ». Deux années après sa publication, elle fut emportée par un cancer, à l’âge de 57 ans.

Rachel Carson avait écrit peu de temps avant sa mort : « Il est bon de savoir que je continuerai de vivre...en étant associée à des choses belles et merveilleuses ».

Bibliographie

Le monde sous-marin (1941)

Cette mer qui nous entoure (1950) La vie de l’Océan (1952)

Merveilles de la mer et de ses rivages (1955)

Là où finit la mer : Le rivage et ses merveilles (1957)

Printemps silencieux (Silent Spring) (1962)

Sources :

Rachel Carson. Printemps silencieux ; trad. de « Silent Spring ». Boston, Houghton Mifflin, c1962, 368 p.

Barbara Cady. Portraits du XXe siècle : 200 personnalités qui ont marqué leur époque ; traduction de Philippe Beaudoin, Claire Geoffroy et Géraldine Lamblin. Cologne : Könemann, c1999, 416 p. (cote Dewey : 920 C126p)


   LA FONTE DES GLACIERS  0 commentaire
[16/06/2008 21:07]

LA FONTE DES GLACIERS

Depuis toujours, l’être humain a cherché à vivre près de l’eau, car celle-ci est vitale pour sa survie. De nos jours, ce sont deux personnes sur trois qui vivent à moins de 80 kilomètres d’une côte. Nous sommes donc très vulnérables à la montée des eaux. Il y a quinze mille ans, le niveau des mers se trouvait à cent mètres plus bas que le niveau actuel. À cette époque, le continent nord-américain était un empire de glace, dépassant même l’Antarctique par le volume d’eau gelée qu’il supportait. Lorsque ces glaces ont fondu, elles ont libéré assez d’eau pour faire monter le niveau des mers de 74 mètres.

Les eaux montèrent rapidement jusqu’à une époque située il y a environ huit mille ans. Ayant atteint son niveau actuel, le niveau des eaux s’est stabilisé. Aujourd’hui, une montée des eaux, même modeste, serait désastreuse, car la population du globe vit particulièrement proche des côtes. Seulement qu’au Bangladesh, plus de dix millions de gens vivent à des niveaux de sol qui ne dépassent pas d’un mètre celui de la mer.

Tout ce qui reste des grandes calottes glaciaires de l’hémisphère Nord, est représenté par la banquise du Groenland, la mer de glace de l’océan Arctique et quelques glaciers continentaux. En Alaska, le grand glacier de Columbia a reculé de douze kilomètres au cours des vingt dernières années. Dans quelques décennies, il ne restera plus de glaciers dans le parc national des glaciers américains. La banquise du Groenland recèle, à elle seule, assez d’eau pour faire monter le niveau des mers d’environ sept mètres sur toute la planète.

Durant l’été 2002, tout comme la banquise Arctique, la banquise du Groenland a diminué de un million de kilomètres carrés, le plus grand recul jamais enregistré. Deux années plus tard, soit en 2004, on s’est aperçu que les glaciers du Groenland fondaient dix fois plus vite que ce que l’on avait prévu. Une étude récente a démontré que si la banquise du Groenland venait à fondre, il serait impossible de la reconstituer, même si on abaissait les émissions des gaz à effet de serre à ceux qui existaient avant l’ère industrielle.

La plus grande étendue de glace de l’hémisphère Nord est la glace qui recouvre la mer polaire. Depuis 1979, elle s’est rétractée de 20% durant l’été. De plus, la glace qui subsiste est beaucoup plus mince. Des mesures effectuées à l’aide de sous-marins, ont démontré que son épaisseur s’est réduite de 40% en quarante ans. Cette fonte prodigieuse n’a toutefois pas eu de conséquence sur la hausse du niveau des mers, pas plus qu’un glaçon qui fond dans un verre d’eau, n’augmente le niveau du liquide contenu dans ce verre.

Cela s’explique par le fait que la calotte glaciaire est composée d’eau de mer gelée, dont les neuf dixièmes sont submergés. Quand elle fond, elle se condense en eau selon les mêmes proportions que celle qui flottait à la surface sous forme de glace. Seuls les glaciers terrestres font monter le niveau des mers en fondant. Cependant, si la fonte des glaces à base d’eau de mer n’a pas d’influence directe sur la montée des eaux, ses effets n’en sont pas moins importants.

Au rythme actuel de son déclin, il ne restera pratiquement rien de la calotte glaciaire dans quelques décennies, ce qui affectera profondément les températures. Il ne faut pas oublier qu’un tiers des rayons du soleil qui atteignent notre planète sont réfléchis dans l’espace. La glace, surtout aux Pôles, est en grande partie responsable de ce réfléchissement, puisqu’elle renvoie dans l’espace près de 90% de la lumière solaire.

L’eau, en comparaison, a un faible pouvoir réfléchissant. Quand le soleil est au zénith, l’eau ne renvoie que de 5 à 10 % de lumière dans l’espace. Si la glace était remplacée par de l’eau, la surface de la terre absorberait beaucoup plus de rayonnements du soleil, qu’elle réémettrait sous forme de chaleur. Cela déclencherait des réchauffements localisés qui hâteraient alors la fonte des glaciers sur les continents, ce qui ferait monter rapidement le niveau des mers.

Pendant les dix dernières années du vingtième siècle, le rythme de la montée des eaux a doublé, ce qui est très inquiétant. Les océans représentent une masse formidable, quand on les compare à l’atmosphère, soit une masse cent fois supérieure. Quand nous voyons que l’atmosphère est en train de modifier les océans, il faut envisager un monstre qui s’ébranle. Une fois ce monstre en marche, rien ne pourra être fait pour changer sa trajectoire. Quand les gens pensent à la montée des eaux, c’est en imaginant uniquement des glaciers et des banquises qui fondent et se déversent dans les océans. Or, au cours du siècle écoulé, une grande partie de cette hausse a eu pour origine une expansion des océans, car l’eau chaude prend plus de place que l’eau froide.

En 2001, la Commission intergouvernementale sur le changement climatique (IPCC), calculait qu’il y avait une possibilité que le niveau des océans monte jusqu’à dix mètres au cours de ce siècle. À la fin des années 90, quand la Commission préparait son rapport, on ne connaissait pas le rythme de la fonte des glaciers. Grâce à des efforts héroïques des scientifiques, on dispose maintenant de nouvelles données. Ils ont mesuré le taux de fonte des banquises de Patagonie, les plus grandes masses de glace tempérées de l’hémisphère Sud et ils se sont aperçus que ce taux contribuait davantage à la montée des eaux dans le monde que les gigantesques glaciers de l’Alaska.

Mais c’est de l’Antarctique que nous parviennent les données les plus inquiétantes. À partir de 2004, dans les revues scientifiques, se sont succédés les articles annonçant de sinistres modifications des glaces de la péninsule Antarctique et des régions voisines. Ces études montrent bien qu’à l’extrémité sud de la planète, un vaste effet domino est à l’œuvre, la déstabilisation d’une banquise entraînant la destruction d’une autre. Les premiers indices alarmants remontent au mois de février 2002, quand la banquise Larsen B, d’une superficie équivalente à celle du Luxembourg, avec ses 3250 kilomètres carrés, s’est disloquée en quelques semaines. Les scientifiques savaient que la péninsule Antarctique se réchauffait plus rapidement que n’importe quel autre endroit sur la planète, mais la rapidité et la brutalité de l’effondrement de Larsen B, en stupéfièrent plusieurs.

La banquise occidentale est retenue par des liens fragiles au lit d’une mer peu profonde. Déjà, dans les années 70, on évoquait la possibilité qu’elle puisse être déstabilisée. John Mercer, glaciologue de l’université de l’Ohio, avait mis en lumière ses ressemblances avec l’Arctique eurasien, depuis longtemps disparu. Mercer craignait qu’à cause du réchauffement planétaire (un sujet dont on parlait fort peu), la banquise de l’Antarctique occidentale ne subisse le même sort. En tout, les 38 millions de kilomètres cubes d’eau de mer gelée et de glace contenus et retenus par la banquise de l’Antarctique occidentale représente assez d’eau pour provoquer une montée des océans de six à sept mètres.

L’étude de la fonte des glaciers a connu des bouleversements si rapides, et la puissance des océans est si gigantesque, que les climatologues se posent aujourd’hui la question, à savoir si l’homme n’aurait pas déjà actionné l’interrupteur qui créera une terre sans glace. Si tel est le cas, l’homme aura poussé la planète vers une hausse du niveau des mers qui pourrait atteindre environ 67 mètres. La prochaine question est la suivante : Combien de temps reste-t-il avant que toute la glace contenue sur la planète ne fonde complètement ? Nombre de scientifiques croient que quel que soit le volume des fontes, le niveau des mers ne s’accélèrera qu’après 2050 et qu’il faudra des millénaires avant que toute la glace soit fondue.

Cependant, d’autres chercheurs annoncent une montée des eaux qui pourrait atteindre six mètres en un siècle ou deux. On sait que l’humain n’a jamais été très doué pour prédire l’avenir. Toutefois, grâce aux progrès technologiques accomplis depuis une vingtaine d’années, comme le suivi par satellite des changements sur la surface du globe, de meilleurs ordinateurs et une solide compréhension des mécanismes, comme le cycle du carbone, les scientifiques sont en mesure de bâtir des mondes virtuels pour deviner ce à quoi on doit s’attendre si on ne change pas nos comportements.

Ouragans, cyclones, inondations et canicules, les changements climatiques sont en marche. En 50 ans seulement, la calotte glaciaire s’est réduite de 20%. Si nous ne faisons rien, il n’y aura bientôt plus de glace en été dans l’Arctique et un cataclysme bouleversera le monde que nous connaissons. Or, nos comportements quotidiens sont responsables, à eux seuls, de 50% des émissions de gaz à effet de serre, à l’origine de ce dérèglement climatique. Il est donc capital de nous mobiliser, d’apprendre à vivre, à nous déplacer et à consommer différemment.

Il y a plus d’un siècle, soit en 1903, Alfred Russel Wallace, écrivait dans son livre, La place de l’homme dans l’univers : « C’est parmi ces nations qui prétendent être les plus civilisées, celles qui se disent guidées par la connaissance des lois de la nature, celles qui s’enorgueillissent tant du progrès de la science, que l’on rencontre la plus grande apathie, la plus grande insouciance dans la constante souillure de cette nécessité absolue de la vie... »

Aujourd’hui, en ce début de l’année 2008, deux forces s’opposent. Il y a ceux qui préconisent des changements radicaux et il y a ceux qui sont contre tout changement, pour des questions économiques et idéologiques. Qui l’emportera ? Il y a aussi la question essentielle : « Sommes-nous prêts à modifier nos comportements afin de renverser le courant et sauver la planète ? » Comme le mentionne si bien James Lovelock, dans The Independant, 24 mai 2004 : « Toute chaleur en surplus, quelle qu’en soit la source : les gaz à effet de serre, la disparition de la glace arctique ou de la forêt amazonienne, est amplifiée, et ses effets font bien plus que s’additionner.

C’est comme si nous avions allumé un feu pour nous réchauffer, sans nous apercevoir, au fur et à mesure que nous entassions du combustible, que le foyer avait échappé à tout contrôle et que les meubles avaient pris feu. Dans un tel cas, il ne reste pas beaucoup de temps pour l’éteindre. Comme un incendie, le réchauffement planétaire va en s’accélérant, et il ne reste presque plus de temps pour agir ».

Sources :

Flannery, Tim. Les faiseurs de pluie : l’histoire et l’impact futur du changement climatique ; traduit de l’anglais par Raymond Clarinard. Paris : H. d’Ormesson, 2006, 373 p. (cote Dewey : 551.6 F585f)

Autres lectures


   L'ÉQUILIBRE SACRÉ  0 commentaire
[31/05/2008 3:58]

L'ÉQUILIBRE SACRÉ

Le 18 novembre 1992, était rendu public, un document intitulé : "Wold Scientists Warning to Humanity" ou "Avertissement des Scientifiques du Monde à l’Humanité". Il portait la signature de 1600 scientifiques distingués de 71 pays, dont plus de la moitié de tous les prix Nobel. Il se lisait ainsi : "Les êtres humains et la nature vont se heurter de plein fouet. Les activités humaines infligent de graves dommages, souvent irréversibles, à l’environnement et à des ressources cruciales. A moins qu’on ne les réfrène, plusieurs de nos pratiques actuelles mettront gravement en péril l’avenir que nous voulons pour l’espèce humaine et les règnes animal et végétal. Elles pourraient à tel point altérer le monde vivant, qu’il serait incapable de soutenir la vie comme nous la connaissons. Des changements fondamentaux s’imposent d’urgence si nous voulons éviter la collision que notre trajectoire présente rend inévitable". Suivait une liste de problèmes critiques affectant l’atmosphère, le réchauffement de la planète, l’eau potable, les océans, les sols, les forêts, la biodiversité et la surpopulation. On ajoutait qu’il ne restait plus qu’une décennie ou quelques-unes, avant que ne soit gaspillée cette chance de conjurer les menaces que nous affrontons et que ne soient infiniment rétrécies les perspectives d’avenir pour l’humanité.

"Nous, signataires, membres respectés de la communauté scientifique internationale, prévenons ici toute l’humanité de ce qui l’attend. Un grand coup de barre s’impose dans notre intendance de la terre et de la vie qu’elle abrite, pour éviter une immense souffrance à l’humanité et une mutilation irrémédiable à notre habitat global sur cette planète".

Les médias firent la sourde oreille et restèrent muets suite à cette intervention d’une importance capitale pour la survie de l’humanité.

La destruction de l’environnement, loin de diminuer, se poursuit à un rythme effréné et elle compromet l’avenir des générations futures. Plutôt que la dette, le déficit ou la concurrence mondiale, notre véritable défi, aujourd’hui, est la nécessité de trouver un moyen de mener une existence gratifiante, sans saccager la nature dont dépend toute vie. L’humanité n’a jamais affronté, par le passé, une telle menace : la ruine des éléments qui la garde en vie.

Nous vivons en un âge d’incertitude sans précédent. La vie sur terre se maintient en équilibre précaire au-dessus du précipice de l’extinction. Jamais, auparavant, l’homme n’avait disposé de ressources destructives pour commettre un suicide collectif. (Bernard Lown et Evjueni Chazov)

Ce n’est pas Jésus-Christ qu’on crucifie aujourd’hui ; c’est l’arbre lui-même et cela sur le cruel gibet de la cupidité et de la stupidité humaine. Seuls des crétins suicidaires, dans un monde près de suffoquer, détruiraient le meilleur climatiseur naturel qu’offre la création. (John Fowles)

Un citoyen d’un pays hautement industrialisé consomme en six mois, l’énergie qui doit durer toute une vie au citoyen d’un pays en voie de développement. (Maurice Strong)

Aucune espèce, y compris les êtres humains, n’existe isolément les unes des autres. Les quelques 30 millions d’espèces vivantes, sont en étroite relation par l’entrecroisement de leurs cycles de vie : Les plantes dépendent des insectes pour leur pollinisation ; les poissons se nourrissent de d’autres espèces ou leur servent de nourriture ; les oiseaux parcourent de grandes distances pour élever leurs petits dans des régions qui leur procurent la nourriture nécessaire. Réunies, les espèces forment un immense tissu d’interconnexions qui les soudent les unes aux autres, aux composantes physiques de la planète. La disparition d’une seule espèce fait un accroc dans ce tissu très élastique. Quand un fil se rompt, toute la trame change de configuration.

À mesure que nous asséchons les marécages, harnachons les systèmes fluviaux, polluons l’air, l’eau et le sol, rasons de vastes étendues de forêts et élargissons le territoire voué à l’agriculture, à l’étalement urbain ou à des parcs industriels, la biodiversité s’étiole ; elle qui est la source de la capacité productrice de la planète. Avec pour résultat que le monde connaît un taux catastrophique d’extinctions d’espèces.

En supposant que tous les humains sur terre profitent d’un niveau de vie et de consommation d’énergie comparables à ceux de l’américain moyen, et que la population mondiale continue d’augmenter au rythme de 1,7 % annuellement, les réserves mondiales de combustible fossile dureraient à peine vingt ans. (David Pimentel) "Natural Ressources on Optimum Human Population"

Source :

SUZUKI, David* (en collaboration avec Amanda McConnell), L’équilibre sacré : redécouvrir sa place dans la nature ; traduit de l’anglais par Jean Chapdelaine Gagnon. Saint-Laurent : Fides, 2001, 301 p. (cote Dewey : 304.2 S968E)

* Éminent environnementaliste canadien et généticien reconnu, David Suzuki est également l’animateur de la très populaire émission scientifique "The Nature of Things", télédiffusée sur le réseau CBC, depuis plus de 40 ans et retransmise dans plus de 60 pays à travers le monde.

Publications de la Fondation David Suzuki disponibles en français


   L'EAU, SOURCE DE VIE  0 commentaire
[24/05/2008 16:39]

L'EAU, SOURCE DE VIE

Depuis la nuit des temps, l’eau est considérée comme source de vie. Dans les anciennes civilisations, elle était sacrée. Les Gaulois vouaient un culte aux sources d’eau et aux rivières. Le Gange en Inde de même que le Nil en Égypte étaient considérés comme le reflet du fleuve céleste, la Voie lactée.

Si dans nos sociétés occidentales l’eau semble inépuisable, il n’en va pas de même ailleurs. Les gens qui vivent dans le Tiers monde réalisent l’inconscience avec laquelle les occidentaux gaspillent l’eau potable. Ayant l’illusion que l’eau est une source intarissable et gratuite, ils la dilapident avec allégresse.

Mais cette dilapidation de l’eau va devoir prendre fin, même pour les pays riches qui vont éventuellement faire face à une pénurie. Même si l’eau recouvre 71% de la surface de la terre, nous allons manquer d’eau potable. Sur le mince 3% d’eau douce, il y en a les trois quarts qui sont emprisonnés dans les calottes glacières et les glaciers. Il ne reste donc qu’à peine 1% qui se présente sous une forme liquide, souvent difficilement accessible.

La demande en eau potable a doublé en vingt ans et ce pour les raisons suivantes : 1) l’accroissement de la population ; 2) l’intensité de l’agriculture pour nourrir de plus en plus de gens ; 3) la pollution de l’eau disponible. En l’an 2000, seuls deux fleuves dans le monde étaient considérés comme sains : Le Congo et l’Amazone. Actuellement, les lacs s’assèchent, les glaciers fondent, la terre se déshydrate et les humains s’attaquent aux dernières réserves d’eau douces, celles des nappes phréatiques. L’eau est ainsi pompée beaucoup plus rapidement que sa vitesse de renouvellement.

Il en résulte que le manque d’eau qui menaçait 950 millions de personnes en 1999 et un milliard en l’an 2000, touche actuellement 2,5 milliards d’êtres humains sur la terre. Au rythme où on épuise l’eau, il est à prévoir que les deux tiers de la population mondiale n’auront plus d’eau en 2050. Seulement qu’une trentaine de pays resteront autosuffisants, dont l’Australie, le Brésil, la Russie et les pays d’Europe du Nord et de l’Ouest.

On imagine sans peine la convoitise des déshérités de l’eau et les risques de nouveaux conflits. Devenue rare et mal répartie à la surface de la planète, l’eau potable deviendra donc un facteur déterminant pour la paix dans le monde. Tous les pays qui connaissent actuellement de graves conflits et des guerres sont des pays en manque d’eau douce. Ce n’est certainement pas le fruit du hasard.

Quelques statistiques

La proportion d’eau douce sur la terre (lacs, cours d’eau, etc.), n’est que de 2,5% contre 97,5% pour l’eau salée des océans et mers.

On a calculé que la contamination de l’eau ainsi qu’un mauvais système d’hygiène publique entraînaient, quotidiennement, la mort de 30,000 personnes dans le monde.

80% des maladies dans les pays en voie de développement, sont liées à l’eau.

Une grande partie de la population mondiale ne dispose pas d’eau potable. Exemple : à Lima, au Pérou, 60% de la population vit dans des bidonvilles, sans eau potable et sans égouts sanitaires.

Chaque être humain a besoin de 30 à 50 litres d’eau par jour pour boire, cuire ses aliments, se laver, etc. Au Canada, chaque personne consomme, en moyenne, 326 litres par jour, tandis qu’en Afrique, chaque personne en consomme 10 litres, en moyenne.

Pour que toute la population mondiale ait accès à une source d’approvisionnement en eau potable et à des installations sanitaires, il faudrait dépenser 75 milliards de dollars de plus qu’à l’heure actuelle.

Les aliments que l’on consomme (lait, fruits, légumes, etc.), nous apportent environ un litre d’eau par jour. Notre corps en élimine environ 2,5 litres (urine, sueurs, respiration). Il nous faut donc absorber 1,5 litre d’eau quotidiennement pour répondre à nos besoins.

Chez les enfants, surtout les nourrissons, les besoins en eau sont de trois à cinq fois plus importants que chez l’adulte.

Faits intéressants

57% des canadiens sont desservis par une station d’épuration des eaux, comparativement à 74% pour les américains, 86,5% pour les allemands et 99% pour les suédois.

De l’eau contenant un gramme de plomb par 20,000 litres d’eau est impropre à la consommation. Dans les anciennes maisons, la tuyauterie est souvent soudée au plomb et ce plomb passe ensuite par le robinet.

Un gramme de 2,4-D (un herbicide domestique courant), peut contaminer 10 millions de litres d’eau potable.

Une seule goutte d’huile peut rendre impropre à la consommation jusqu’à 25 litres d’eau.

Un gramme de BPC peut rendre jusqu’à un milliard de litres d’eau impropre à la vie aquatique en eau douce. On retrouve le BPC en quantité dans les Grands lacs et le fleuve Saint-Laurent.

Nos engrais chimiques contaminent la nappe phréatique. Ajoutons les rejets dans l’atmosphère des déchets industriels et ceux des véhicules automobiles (47% des oxydes d’azote) qui causent les pluies acides lesquels viennent détruire nos lacs. Au Canada, 150,000 lacs sont menacés.

Plus de 360 produits chimiques ont été relevés dans les Grands lacs, au Canada. La plupart sont des toxiques persistants qui peuvent être dangereux pour les humains et qui détruisent déjà les écosystèmes aquatiques. Exemple : des poissons sont affligés de tumeurs et de lésions et leur capacité de reproduction décroît. Les populations de mammifères et d’oiseaux qui se nourrissent de poissons diminuent. Dans le lac Ontario, sept des dix espèces de poissons les plus estimées sont presque entièrement disparues.

Relativement à l’eau des Grands lacs, l’écologiste de l’eau, Jack Vallentyne, a dressé une évaluation conservatrice du nombre de produits chimiques toxiques concentrés dans une tasse d’eau provenant d’un robinet de la ville de Toronto, qui puise son eau dans le lac Ontario. Cette tasse contenait :

10 000 000 000 000 000 d’ions de chlorure, dont environ la moitié provenait du sel répandu sur les routes pendant l’hiver.

30 000 000 000 000 de molécules d’eau provenant de déjections urinaires humaines.

100 000 000 de molécules de bromodichlorométhane provenant de la chloration des eaux usées.

10 000 000 de molécules de solvants industriels, dont le tétrachlorure de carbone, le toluène et le xylène.

4 000 000 de molécules de fréon provenant d’agents réfrigérants et d’aérosols.

1 000 000 de molécules de pentachlorophénol, un produit d’entretien du bois.

500 000 molécules de BPC, provenant de génératrices et de condensateurs mis au rancart.

10 000 molécules de DDT, DDD, DDE, provenant surtout d’insecticides.

Mesures à prendre individuellement

Considérant que plusieurs produits chimiques manufacturés sont nuisibles à la santé et à l’environnement, voir à se servir de ces produits uniquement s’ils sont absolument indispensables et voir également à les utiliser complètement et non pas à jeter les restes des contenants.

Voir à choisir les produits sans danger pour l’environnement, soit ceux appelés « écologiques » qui sont disponibles dans les supermarchés et pharmacies.

Ne pas jeter de soie dentaire, cheveux, couches jetables, applicateurs en plastique de tampons hygiéniques et autres du même genre, dans les cabinets de toilette, car cela peut entraîner de sérieux problèmes à la station d’épuration des eaux.

Ne pas jeter dans les égouts les restes de nourriture.

Utiliser de la peinture au latex au lieu de la peinture à l’huile et surtout, ne pas jeter les restes dans les égouts.

Ne pas jeter de produits dangereux dans les égouts pluviaux, tels peinture, huile, solvants, essence, etc.

Aller les porter plutôt aux installations locales de recyclage et de récupération. Les égouts pluviaux s’évacuent directement dans les cours d’eau avoisinants et peuvent causer de sérieux problèmes aux poissons et à la faune.

Éviter les pesticides dans le jardin et sur la pelouse. Inévitablement, les pluies vont entraîner une bonne partie de ces pesticides dans les égouts pluviaux ou directement dans les lacs et cours d’eau.

Citations

« Compte tenu du rôle fondamental qu’elle joue dans la vie des sociétés, l’eau a une forte dimension culturelle. Sans comprendre et étudier les aspects culturels des problèmes liés à l’eau, il sera impossible de parvenir à une solution durable. » (Eau et diversité culturelle. Déclaration ministérielle, 3e forum mondial de l’eau, 22 mars 2003)

« L’eau pure est le plus beau cadeau que l’être humain peut offrir à son semblable. » (Spectator, numéro du 30 juillet 1920)

« L’eau est devenue la plus précieuse de nos ressources naturelles. Elle est malheureusement victime de l’indifférence de l’homme qui a, aujourd’hui, oublié ses origines et qui reste sourd aux besoins les plus essentiels à sa survie. » (Rachel Carson, Silent spring)