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SPLEEN
Un nouveau jour se lève
Sur ce siècle qui commence
Six milliards d’humains sur terre
Petite poussière dans l’univers
Nous vivons dans l’inconscience
Dans l’euphorie et l’insouciance
Tant de voeux et tant de rêves
Se sont envolés dans l’oubli
Tant d’espoirs anéantis
Toi qui viens guider nos pas
Où est la justice ici-bas ?
Toi qu’on appelle le Père
Pourquoi toute cette misère ?
Où sont l’Amour et la Bonté
Sur cette pauvre humanité ?
Le bien, le mal, semblent innés
À chaque jour son lot de guerres
La vie sur terre est éphémère
L’ homme cherche à se détruire
Comment ne pas craindre le pire ?
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Jean-Pierre
Elle s’appelait Céline, elle aimait Jean-Pierre Le chanteur troubadour à la voix de velours Ah ! qu’elle l’adorait ! Elle aurait donné cher Pour lui dévoiler, fière, ses plus beaux atours
Quand il entonnait sa chanson : T’es belle ! Les frissons lui couraient le long de l’échine Elle était certaine qu’il la chantait pour elle Sa complainte sensuelle, brûlante et divine
Elle connaissait par cœur tout le répertoire De l'idole adorée, de l’amour de sa vie Elle faisait jouer lorsque tombait la nuit Ses airs préférés, le cœur rempli d’espoir
Elle parlait de lui comme s’il était un dieu Elle en était folle, s’en était fort visible Dans ses rêves fous, elle faisait le vœu D'attendre jusqu’au jour où il serait libre
Mais lui l’ignorait, ne la connaissant point Et pendant que Céline se mourait d’amour Jean-Pierre, inconscient, allait son chemin Avec sa Diane, la compagne de ses jours
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Dis-moi des mots...
Dis-moi des mots Des mots qui chantent Et qui enchantent Des mots divins Des mots câlins Des mots coquins Des mots qui riment Des mots sublimes Dis-moi des mots Pour me séduire Me faire languir Me conquérir Redis ces mots Qui font plaisir Des jolis mots Qui me chavirent Pour mon bonheur Retiens ces mots Pleins de laideur Le côté sombre De ton coeur Cache ces mots Ces mots qui blessent Ces mots qui causent Tant de détresse Dis-moi plutôt Des mots d'amour Des mots charmants Des mots si beaux Qui gardent ardent Le feu brûlant De notre amour
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Ô FEMMES !
Ô femmes !
Sublimes beautés
De ce bel univers
Reines incontestées
Aux charmes divers
Vous dont la grâce
Mêlée à vos atours
Embellit l’espace
Et comble nos jours
Aux heures ardentes
Du joug quotidien
Vous venez, aimantes
Consoler nos chagrins
Vous, mères dévouées
Se donnant sans compter
Vous, femmes passionnées
Brûlantes de volupté
Que de griseries
Dans vos bras adorés
Quelle serait notre vie
Sans vous, femmes chéries
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RUMEURS D'AUTOMNE
Le soleil baise les cimes dans l’aube matinale De ses chauds rayons vient dorer la vie La gelée d’automne en paillettes de cristal Étend son manteau blanc sur le sol jauni
Les arbres enserrent leur ombre sur leur fût Les rameaux oscillent balancés par le vent La torpeur bienfaisante d'un temps suspendu Vient couler sur eux comme un frais torrent
Une quiétude parfumée émane des champs Sur lesquels se brode une douce lumière Les roseaux fatigués vont en se couchant Adresser à la terre une ultime prière
Les feuilles s’agitent comme des mains difformes Petites épaves joueuses de la dérive du jour Les heures enchaînent leurs maillons monotones Puis viennent annoncer la saison des amours
Le grand mâle solitaire parcourt son sentier La fougue qui l’anime rend ses humeurs vives Errant au hasard des lourdes matinées Sous le charme grisant des rencontres furtives
Le merle perché sur la branche d’un hêtre Dans la clarté radieuse de ce jour naissant Compère joyeux, il entonne son chant Qui vient se mêler aux rumeurs champêtres
Le tambour du vent roule sans hâte Détachant dans le ciel le profil des ramées Des haies noircies aux chapiteaux blanchâtres On dirait que le temps s'est immobilisé
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ILLUSION
Ô fragile illusion qu’on appelle l’existence Qu’advient-il de nous dans le grand inconnu Lorsque l’ego si fier brisé dans sa substance Atteint le lieu mystique d’où nul n’est revenu
Dans les mains du Juge, ô flamme si légère Qu’il peut à son gré, faire renaître ou mourir Le destin commence-t-il, en pleine lumière Quand le film de la vie se déroule sans faillir
Ô beau rêve si pur que l’on poursuit sans fin Docile à nos caprices, jugulant nos envies Par lui, nous aimons nous sentir incompris Tout en craignant qu’il soit sans lendemain
Et les définitions de tous ces sceptiques Multiplient l’inconnu sur la nuit infinie Fermant sans façon des portes magnifiques Où ne peut pénétrer le destin d’une vie
Mais lorsque le printemps, peintre de la terre Revient tout plein d’azur et de mille couleurs L’illusion rejaillit et bientôt nous enserre Aiguisant nos esprits et ravivant nos coeurs
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LA PLUIE
Le son de la pluie est un baume sur mon cœur Que j’aime cette rumeur, qui berce mes nuits ! Dansez, petites perles ! Tambourinez en chœur ! Dans les rues, sur les toits, de ma ville endormie
Vous incitez aux rêves et comblez nos envies Gouttelettes de pluie, qui nourrissez la terre Votre chant mélodieux résonne sur nos vies Vous venez embellir, nos jardins, nos parterres
Symphonies de la pluie ! Ô les folles clameurs ! Parfois aussi bruyantes qu’une horde joyeuse Allez, déchaînez-vous ! Libérez vos ardeurs ! Vos airs langoureux rendent nos joies radieuses
Ô merveilleuse pluie ! Précieux cadeau du ciel ! Tous, nous vous devons, gratitude éternelle Aucune vie n'est possible dans ce vaste univers Sans vous, gouttes de pluie, qui tombez sur la terre
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UNE LARME A COULÉ…
Une larme a coulé lorsqu’on me la dit
Mon cœur n’était pas prêt, mon âme était transie
Moi, encore presque un enfant confronté à la mort
Avoir voulu aimer fut le seul de mes torts
La vie défile au loin de ma prison blanchie
Qui n’a point de barreaux ni de plancher verni
Quand les mains de mes hôtes se posent sur mon corps
Leurs doux gants de latex me rappellent mon sort
Les gens autour de moi n’osent pas m’approcher
Leurs regards sont curieux, ils cherchent à m’éviter
Mes parents et amis je les ai tous perdus
Pour eux, je suis déjà parti sans même avoir vécu
Mais la nuit je suis heureux quand mes rêves me transportent
Sur un nuage bleu, la lumière m’escorte
S’il y a un Dieu là-haut et qu’il m’ouvre les bras
Ce sera le premier qui l’aura fait pour moi
(En hommage à mon frère Richard, décédé du sida à l’âge de 32 ans)
Ce poème a été choisi par Radio-Canada pour être lu sur les ondes, lors de la Journée mondiale sur le sida
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La terre se souvient
La terre se souvient
Sa mémoire est fidèle
Notre mère se souvient
Des temps anciens
Des vertes collines
Des eaux cristallines
Des vastes forêts
Qui la recouvraient
Des lacs non pollués
De l’air non vicié
La terre n’oublie rien
Elle garde la nostalgie
Des époques lointaines
Où la vie était sereine
Elle n’oublie rien la terre
Et à ses enfants
Qui l’aiment et la vénèrent
Elle donne cet avis:
Un jour viendra
Où les êtres humains
Disperseront toute vie
Pour entrer seuls
Seuls dans l’oubli
Seuls dans l’éternité
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ME PERDRE EN TOI
Lorsque le jour s’enfuit
Et que tombe la nuit
Dans notre nid d’amour
Mes baisers, mes caresses
Sur ta peau de velours
Ouvrent avec ivresse
La porte de ton cœur
D’où jaillit une fleur
Pour apaiser ta fièvre
Sur ta peau qui frissonne
Je dépose mes lèvres
Et toi, tu t’abandonnes
Enivré, fou d’amour
Éperdu dans tes bras
Je crie ton nom, mon amour
Et viens me perdre en toi
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Pauvre humanité!
Ils ont des yeux pour voir
Et ils ne voient pas
Des oreilles pour entendre
Et ils n’entendent pas
Inconscience manifeste
La nature en détresse
Sous l’effet de serre
Se réchauffe la terre
Les espèces en péril
Qu’en restera-t-il
Les pôles fondent
Où s’en va le monde
Nul respect pour la vie
C’est une vraie frénésie
Les puissants ne font rien
Ne pensant qu’à leurs gains
Peu importe la survie
Seule compte l’économie
Non contents de leurs œuvres
De leurs basses manœuvres
Pour détruire la planète
Les humains en remettent
Dialogue de sourds
On assassine l’amour
Retour de la barbarie
Tout n’est qu’hypocrisie
Despotisme, cruauté
Pauvre humanité !
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LE CARROUSEL DES
AUTOMATES
On entend un signal sonore Les automates se lèvent, s’activent Tous livrés à leur triste sort Pauvres épaves à la dérive
C’est l’hôpital des internés Ceux qu’on appelle les cas lourds Dernier refuge des rejetés D’un monde dépourvu d’amour
Dans le couloir peu éclairé Les automates déambulent Privés d’espoir, de gaieté Chacun renfermé dans sa bulle
Sur le trottoir de la cité D’autres automates déambulent Le pas rapide, c’est la ruée Chacun renfermé dans sa bulle
Ces automates à carapace Qui traînent leur propre prison Devant les cris de la populace Sont dépourvus de compassion
Immunisés contre la souffrance Vont droit devant sans regarder La main tendue, la déchéance Leur cœur aussi froid que l’acier
Dites-moi où est la différence Entre l’automate interné Et celui qui a l’impudence De se prétendre en liberté
Les deux sont dans le même giron Celui qui fait de l’être humain Un esclave de la consommation Le monde rêvé de demain
La terre est déshumanisée Vive l’argent ! Vive le Veau d’or! Les morts nés sont conditionnés Et roule la valse des milliards!
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Ne me pleure pas!
Quand les derniers frissons de la vie
Auront quitté mon corps meurtri
Quand mes yeux lourds et fatigués
Se seront à tout jamais fermés
Ne me pleure pas!
Tant que je serai en toi
Je serai toujours présent
Je serai présent dans la fleur
Dans l'arbre et dans le vent
Je serai présent dans le soleil
Dans la pluie et dans le temps
Je serai dans l'air que tu respires
Dans tes rires et dans tes chants
Je serai ton étoile qui brille
Tout là-haut, au firmament
Je serai ton ombre, ton guide
Dans ta vie, à chaque instant
Non, ne me pleure pas
Car je serai toujours vivant!
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Jean-Pierre*
Elle s’appelait Céline, elle aimait Jean-Pierre Le chanteur troubadour à la voix de velours Ah ! qu’elle l’adorait ! Elle aurait donné cher Pour lui dévoiler, fière, ses plus beaux atours
Quand il entonnait sa chanson : T’es belle ! Les frissons lui couraient le long de l’échine Elle était certaine qu’il la chantait pour elle Sa complainte sensuelle, brûlante et divine
Elle connaissait par cœur tout le répertoire De l'idole adorée, de l’amour de sa vie Elle faisait jouer lorsque tombait la nuit Ses airs préférés, le cœur rempli d’espoir
Elle parlait de lui comme s’il était un dieu Elle en était folle, s’en était fort visible Dans ses rêves fous, elle faisait le vœu D'attendre jusqu’au jour où il serait libre
Mais lui l’ignorait, ne la connaissant point Et pendant que Céline se mourait d’amour Jean-Pierre, inconscient, allait son chemin Avec sa Diane, la compagne de ses jours
*En hommage à Jean-Pierre Ferland, notre chanteur troubadour
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SORTILÈGE
Au soleil couchant
Teinté de riches coloris
Le jour qui s’enfuit
S’inscrit dans le temps
De doux parfums légers
Embaument l’atmosphère
L’horizon va s’enfoncer
Au creux de l’univers
Emmène-moi, nuage pourpre
Très loin de cette terre
Afin que mes doutes
Ne soient plus qu’éphémères
Mais comme apeuré
Par ma folle prière
Le sortilège fuit, égaré
Et je reste solitaire
Que vienne donc la nuit
Et son cortège étoilé
Pour goûter, endormi
À une parcelle d’éternité
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