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Blog mis à jour: 21/11/2008 17:22

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Je m'appelle Jean-Claude St-Louis. Je suis québécois de souche. Mes ancêtres venus du Poitou, en France, sont arrivés au Québec en 1658.

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   LA VÉRITÉ !  0 commentaire
[06/09/2008 17:58]

LA VÉRITÉ

 

Plusieurs définitions peuvent s’appliquer à la Vérité. Dans l’ensemble, cependant, c’est ce qui est conforme au vrai, au réel. Mais où se situe le vrai, le réel ? La Vérité, pour beaucoup de gens, se situe dans des livres qui font référence à des évènements qui se sont produits il y a des milliers d’années. La Vérité, pour ces gens, découle de leurs croyances en ce que d’autres ont écrit.

 

On peut toutefois se poser des questions relativement à ces écrits. Est-ce qu’ils sont en tous points conformes aux évènements qui se sont produits ?  Plusieurs auteurs n’ont pas été des témoins directs. Ils se sont plutôt basés sur ce qui fut transmis oralement  durant des années. Or, il y a toujours le risque de déformer des faits, de les enjoliver, etc.

 

Dans la religion catholique, l’Église a toujours prétendu détenir la Vérité et a affirmé son infaillibilité, en se basant sur la bible, considérée comme la parole de Dieu. Cette prétention l’a conduite aux pires atrocités. En se basant sur un texte biblique, selon lequel Josué aurait ordonné au soleil de s’arrêter dans sa course, l’Église a affirmé que la terre était le centre de l’univers et que le firmament (galaxies, planètes, étoiles, dont le soleil) tournait autour de la terre. Tous ceux qui osèrent mettre en doute cette affirmation furent massacrés sans pitié.

 

La plus grande victime  de l’Église fut la femme, considérée comme la complice de Satan, avec l’histoire de la pomme et du serpent. En se basant sur un texte biblique : ‘’Tu ne laisseras point vivre la magicienne’’, l’Église a fait périr des centaines de milliers de femmes sur le bûcher. Forte de son infaillibilité, l’Église considérait que les intempéries (orages, éclairs, ouragans, etc.) étaient dues à des machinations de la part de sorcières. Les accusations de sorcellerie les plus loufoques ont été acceptées par l’Église, comme celles d’avoir vu une femme forniquer avec le diable ; d’avoir vu des diablotins sortir de sa bouche, etc. Les pauvres femmes furent brûlées vives afin de purifier leur âme par le feu. Celles qui nièrent furent soumises aux pires tortures, avant d’être mises à mort.

 

Du côté de l’islam, combien de millions de gens ont été massacrés pour avoir osé transgresser les lois du  coran, considéré comme la parole d’Allah, le Dieu des musulmans ? Oser mettre en doute la parole du prophète Mahomet est considéré comme un acte punissable de la peine de mort. Tout comme dans la religion catholique, la femme a été la principale victime des lois islamiques. Elle est considérée comme la pire calamité pour l’homme et ce dernier a tous les droits sur elle. Il peut la battre et même la lapider sur la place publique.

 

Où se situe la Vérité de nos jours et surtout qui croire ? Qui peut se prétendre détenteur de la Vérité ? La Vérité est-elle dans la religion ou dans des livres, dits sacrés ? On peut en douter car chaque religion prétend posséder la Vérité, en se basant sur des écrits.  Or, s’il y a plusieurs religions, il ne peut y avoir qu’une Vérité. Au nom de la religion, l’homme a massacré ses semblables et il continue de le faire aujourd’hui.

 

Beaucoup de gens se disent détenteurs de la Vérité alors qu’il s’agit de leur vérité puisée dans des écrits ou transmise oralement. Cette vérité est plutôt un idéal qui conduit trop souvent à l’intolérance, avec les conséquences suivantes : génocides, épurations ethniques, guerres ‘’saintes’’, attentats, contre des infidèles, c’est-à-dire, ceux qui ne partagent pas l’idéal.

 

Personnellement, la seule vérité qui m’apparaît logique est cette parole du bouddha : ‘’Croyez ceux qui cherchent la Vérité ; doutez de ceux qui prétendent l’avoir trouvée’’

 





   LE BOUDDHISME  0 commentaire
[01/08/2008 1:11]

LE BOUDDHISME

Le prince Siddharta Gautama, dit l’illuminé ou le Bouddha (560-480 av. J.-C.) naquit dans une famille de princes, de la caste des Kshatriya, dans le nord-est de l’Inde. Il vécut dans sa famille jusqu’à l’âge de 29 ans, sans connaître la souffrance. Un jour, durant une promenade, il se retrouva face à cette souffrance : un vieillard lui montra celle de la vieillesse; un malade celle de la douleur; une personne décédée celle de la mort; un ascète celle de la privation des biens matériels. 

Avec quelques-uns de ses amis, le prince Siddharta s’engagea alors dans la vie d’ascète durant une période de six ans. Après cette expérience, il se rendit compte que le bonheur ne résidait pas dans l’accumulation des biens, ni dans leur privation. Un jour, frappé par l’illumination, il vit les choses telles qu’elles étaient. Avec cinq de ses amis, il partit pour Benarès, une ancienne ville de l’Inde, située sur les bords du Gange. C’est à cet endroit qu’il expérimenta les quatre saintes vérités ou dharma bouddhique, à la base de l’enseignement du Bouddha.

Contrairement aux autres grandes religions, le prince Siddharta, devenu Bouddha, n’eut pas de révélation divine. C’est en lui-même, au cours d’une méditation, qu’il fit la découverte des quatre vérités qui allaient lui permettre de comprendre le monde, ainsi que le sens de la présence de l’homme dans le monde. Ces quatre vérités renferment toute la philosophie du bouddhisme. D’une manière simple, elles se résument comme suit : il n’y a rien de permanent dans l’univers ; tous les êtres qui en font partie dépendent les uns des autres, sans qu’il y en ait un seul qui soit indépendant. L’univers existe par lui-même et rien n’est permanent.

Le « je » ou le moi n’est qu’une illusion (première vérité). Le moi, créature de l’illusion, est à l’origine de la souffrance (deuxième vérité). En oubliant le moi, on supprime la souffrance (troisième vérité). La quatrième vérité est la noble voie des huit vertus qui permettent d’oublier le moi, source de la souffrance. Ces huit vertus sont dans l’ordre : la méditation pure, la foi pure, la volonté pure, le langage pur, l’action pure, l’application pure, les moyens pour une existence pure, la mémoire pure. La méditation pure exige l’oubli de soi, la compréhension et la bienveillance vis-à-vis tous les êtres vivants. Le noble chemin conduit à la réalisation du nirvana, après de nombreuses existences purificatrices du « je », étapes du détachement de l’illusion.

Selon le bouddhisme, l’univers n’a pas besoin de Dieu pour justifier son existence ; il s’explique par lui-même. Le bouddhisme exploite donc l’aspect conditionné des êtres vivants, les uns étant reliés aux autres par un lien de causalité : l’un causant l’autre et formant une chaîne, en forme de cercle, sans commencement ni fin, tout comme l’univers. Tout est donc relatif et rien n’est absolu.

Le seul absolu est la vérité du Bouddha qui se situe en dehors de l’univers, puisque tout dans l’univers est relatif. Selon le bouddhisme, l’être humain est un ensemble formé de cinq éléments matériels : un corps, des sensations, des perceptions, des formes mentales et une conscience. Ces cinq éléments constituent l’être humain et ils ne sont qu’énergie matérielle. Ils sont le moi ou le « je ». Le moi n’est qu’une illusion qui lie artificiellement les cinq éléments et qui cause l’attachement. Il n’est pas réel, mais constitue plutôt une illusion, la raison d’être de la souffrance humaine, qui fait dévier de la vraie voie.

Lorsque par la méditation et les sept nobles vertus, l’être humain réussit à oublier le moi ou le « je », rien ne retient ensembles les cinq éléments, et c’est alors le nirvana: un état de beaucoup supérieur à l’illusion d’exister. Le nirvana est la seule réalité. Celui qui y parvient quitte à jamais le monde d’illusion que le moi a créé. Le dharma bouddhique est le Bouddha et l’enseignement du Bouddha est celui qui conduit au nirvana. Le mauvais karma bouddhique est l’attachement au moi ; au désir d’exister dans l’illusion. L’être humain peut continuer de vivre dans l’illusion, même après de nombreuses morts. Il ne se délivre des renaissances que lorsque son moi tombe dans l’oubli complet et qu’il ne peut lier artificiellement les cinq éléments qui le forment.

Le Bouddha est le modèle à suivre pour tous. Chaque être humain doit s’engager dans la juste voie du détachement du moi et des désirs, tout comme Bouddha l’a fait. Tout ce qu’on peut faire pour notre prochain, c’est de veiller à ne pas lui faire de mal ; c’est de se montrer bienveillant, lui vouloir du bien, le respecter. C’est ce qui est exigé par l’ordre du monde vu par Bouddha. Il s’agit d’une attitude de bienveillance envers le monde et envers la nature. Bouddha considère tous les êtres comme étant égaux. Le bouddhisme n’a aucune tendance à l’oppression et ce serait contraire au dharma que de vouloir la justifier.

Dans l’être humain, il y a toute l’énergie de l’univers que l’on retrouve également dans l’eau, la fleur, l’air et la terre. Tout est la manifestation d’un fait indéniable : l’énergie de l’univers est là, sans commencement ni fin ; cet univers que Bouddha a compris et qu’il a exprimé dans ses quatre vérités ou dharma bouddhique. Les trois joyaux du bouddhisme sont le dharma, le Bouddha et la sangha.

Le dharma est la loi universelle et la voie est le Bouddha, celui qui a réalisé le nirvana.  La sangha (la vie monastique) est le moyen le plus efficace pour parvenir au nirvana et devenir araba (délivré des renaissances). Le retour permanent au non-moi permet à l’être humain de se réaliser et de réaliser le nirvana, la fin de l’illusion du moi. Il n’est pas égoïste, car il faut désirer la non souffrance pour tous. Il faut vouloir la délivrance  en manifestant un sentiment de grande bienveillance envers tous les êtres vivants.

La méditation est une des pratiques fondamentales du bouddhisme. Elle constitue  un retour dans son intérieur, dans le silence et l’abnégation du moi, pour rejoindre l’énergie qui s’y trouve, soit celle de l’univers. La méditation bouddhique n’a rien de philosophique. Il s’agit d’une méthode de concentration de l’esprit pour oublier le moi et pour trouver la sérénité et l’énergie nécessaires dans la vie de tous les jours. Toutefois, à l’intérieur du bouddhisme, la méditation fait partie d’un ensemble philosophique qui donne un sens au monde et à la présence de l’être humain dans ce monde.

La méditation bouddhique est la concentration de l’esprit sur l’acte accompli dans l’instant présent, en oubliant le moi qui accomplit cet acte. Exemple : l’esprit se concentre sur la respiration en tentant de faire abstraction du moi qui respire. La méditation comporte divers degrés de perfection et elle peut conduire au nirvana, dans sa forme la plus parfaite.

Une école bouddhique a donné naissance à l’école du zen bouddhique, devenu si populaire au Japon. Le zen intègre toutes les facettes de la vie. Chaque geste et chaque action sont une manifestation de la loi de l’univers, du dharma du Bouddha. Dans le zen, la personne doit s’oublier pour rejoindre, par la méditation, l’énergie qui est en elle, soit l’énergie de l’univers. Marcher, méditer, manger, boire, travailler, sont des actes qui doivent toujours être accomplis avec la plus grande concentration de l’esprit.

C’est avec respect, politesse et bienveillance que tous ces actes doivent être accomplis, car ils sont l’expression de la loi universelle de l’univers. Ils sont sacrés et ils doivent se faire avec dignité. Un bel exemple de l’application pure, est la manière d’exercer la méditation à travers la cérémonie du thé, pratiquée dans le zen bouddhique japonais. Chaque geste est accompli avec précision et les ustensiles servant à préparer le thé sont des objets précieux que l’on manipule avec soin. Cette cérémonie est une expression de la loi de l’univers, par l’eau et les plantes qu’on utilise, de même que par les gestes accomplis dans la concentration constante de l’esprit et dans la méditation sur l’acte, en oubliant le moi qui le fait.

Contrairement à d’autres religions, le bouddhisme est pacifique et très tolérant. Il n’a jamais été belligérant comme l’ont été presque toutes les autres religions qui se sont alliées au pouvoir politique. Mis à part la destinée humaine, qui se situe dans la réalité du nirvana, le savoir bouddhique est un savoir humain dont on a fait un savoir religieux. Ce dernier est fondé sur la foi en Bouddha, celui qui a connu et parcouru la seule voie possible pour l’être humain, celle du nirvana. Le but de la vie, pour le bouddhisme, est de ne plus exister comme moi, contrairement à l’occidental qui persiste à exister en tant que moi, cause de la souffrance.

Dans les sociétés occidentales, qui ont été façonnées par la philosophie grecque et le christianisme, la souffrance n’est pas perçue comme dans le bouddhisme. Il est évident que sans la conscience du moi, il n’y a pas de souffrance, car la disparition du moi signifie la disparition de la souffrance. La solidarité de l’être humain avec un univers conçu comme autonome, ainsi que l’abnégation du moi, sont des valeurs que l’on retrouve dans la philosophie bouddhique. La philosophie occidentale, quant à elle, met davantage l’accent sur la personne, n’ayant aucun lien avec l’univers.

***

SOURCES:

Les religions d’Asie : hindouisme, bouddhisme, taoïsme ; dirigé par Catherine Golliau ; textes choisis et commentés par Stéphane Feuillas, Romain Graziani et Eric Vinson ; repères par Marie Dormoy ; avec la participation de Philippe Cornu, Roger Pol-Droit, Michel Hulin et al. Paris : Tallandier, 2006 ; Le Point, 2006.

Lowenstein, Tom. L’éveil du Bouddha : philosophie et méditation, la voie de la lumière, lieux sacrés ; traduction de l’anglais par Philippe Corun. Köln : Evergreen, c2006, 184 p. (cote Dewey : 294.3 L917e)

Lowenstein, Tom. Le monde du bouddhisme. Paris : Clin d’oeil, 2006.

Nisole, Jean-André. Rencontres d’un Occidental avec le zen. Montréal : Liber, 2006, 90 p. (cote Dewey : 294.392 N725r)

Watts, Alan. L’esprit du zen ; traduit de l’anglais par Marie-Béatrice Jehl. Paris : Éditions du Seuil, 2005, c1976, 132 p. (cote Dewey : 294.392 W348e)





   LE CHRISTIANISME  0 commentaire
[29/07/2008 5:30]

LE CHRISTIANISME

Le christianisme est une philosophie orientale qui a ses racines dans le judaïsme. C’est la seule philosophie orientale qui a réussi à s’implanter en Occident et à s’y répandre. Le christianisme a pris naissance en Palestine, à l’intérieur de la communauté juive de cette époque. Jésus de Nazareth (le Christ, le Messie, le Sauveur) s’est présenté comme le Fils de Dieu, ayant pris corps dans le sein d’une vierge. Il naquit à l’époque où l’Empire romain dominait le monde et l’année de sa naissance marque le début de l’ère chrétienne. La personne et l’enseignement de Jésus furent à la base de la religion chrétienne. Au début, certains ont cru que Jésus était le Messie tant attendu des Juifs pour les libérer de l’emprise de Rome, mais ces derniers ne l’ont pas reconnu comme tel. À l’instigation des autorités religieuses juives, Jésus fut condamné par l’autorité politique romaine à mourir sur la croix.

Le message de Jésus est limpide et très simple. C’est un message d’amour de Dieu et d’amour du prochain. Il est contenu dans un texte d’une quarantaine de pages, appelé « Évangile » (tiré du grec, signifiant « bonne nouvelle ») et présenté en quatre versions semblables, à partir du témoignage de quatre disciples de Jésus : Marc, Mathieu, Luc et Jean. Beaucoup de choses ont été écrites à partir de ce court message. L’Église catholique romaine, qui s’est chargée d’apporter au monde le message de Jésus, y a ajouté son propre enseignement, ses directives et ses commandements. Elle a considérablement compliqué le message de Jésus et il lui a fallu accomplir de véritables tours de force pour relier à l’Évangile, tout ce qu’elle enseignait. D’une philosophie très simple et conçue pour être vécue, l’Église a fait du message de Jésus, une religion qu’elle a souvent imposée par la force. À la fraîcheur limpide du message de Jésus, l’Église a ajouté un légalisme conçu pour maintenir les gens dans la peur (peur de l’excommunication, peur du purgatoire, peur de l’enfer). L’Église a laissé très peu de place à l’autonomie, la liberté et la responsabilité personnelle. C’est elle qui devait dicter ce qui était bon et ce qui était mauvais.

La philosophie, la théologie et l’institution religieuse chrétienne sont fondées sur la croyance en Jésus en tant que Fils de Dieu, beaucoup plus que sur son message. Le savoir chrétien, tel que contenu et exposé dans le Nouveau Testament, est une continuation du savoir judaïque contenu dans l’Ancien testament. Ce dernier décrit le commencement du monde et la façon dont les descendants d’Abraham ont vécu jusqu’à l’avènement de Jésus, Juif lui aussi, et donc descendant d’Abraham. Les Juifs n’ont gardé que l’Ancien Testament, tandis que les chrétiens ont gardé les deux, l’Ancien et le Nouveau. Le christianisme est un judaïsme libéré de certaines pratiques. Il priorise l’amour tandis que le judaïsme priorise la loi. Il met l’amour au-dessus de la loi ; il donne à l’amour du prochain la même valeur que l’amour de soi ; il met les valeurs de l’esprit au-dessus des richesses matérielles ; la réussite de la vie éternelle au-dessus des réussites temporelles ; le pouvoir de Dieu au-dessus du pouvoir des hommes. Cette hiérarchie de valeurs a été véhiculée par l’Église catholique romaine. Trop souvent, hélas, ces valeurs ont été oubliées pour aboutir à un certain refus du monde. Comme dans l’hindouisme, il fallait, selon l’Église, renoncer au monde pour être sauvé. Ceux qui s’enfermaient dans les monastères accomplissaient plus pour l’humanité que ceux qui travaillaient dans le monde pour le rendre meilleur.

Les premiers chrétiens vivaient comme une famille et tous leurs biens étaient mis en commun. Bien avant le communisme, ils ont vécu un début de socialisme. En grandissant en nombre, ils se sont toutefois noyés dans un environnement qui favorisait la propriété privée. Après la résurrection de Jésus, les apôtres ont fondé des églises en Asie. Mais de persécution en persécution, certains sont revenus à Rome afin d’y concentrer leurs efforts. C’est là que s’est installé Pierre, premier successeur de Jésus. D’orientale qu’elle était, et malgré la réticence de Pierre à recevoir, dans la nouvelle Église, ceux qui n’étaient pas Juifs, la religion chrétienne s’est lentement occidentalisée. Son alliance avec l’Empire romain et la concentration de son pouvoir spirituel à Rome, capitale de l’empire, ont créé l’Église catholique romaine. Cette alliance avec Rome fut si forte, que l’Église a adopté la langue latine, celle des Romains, comme langue officielle et liturgique. Elle l’a conservée jusqu’au vingtième siècle, alors qu’elle était devenue une langue morte depuis fort longtemps.

Ce ne fut pas chose facile que de vendre le christianisme aux Romains, eux qui avaient leurs propres philosophes et leurs propres dieux. L’empereur de Rome lui-même était vénéré comme un dieu. De plus, les Romains possédaient une foule d’esclaves et, à l’instar des Grecs, tout ce qui n’était pas romain était barbare. La philosophie chrétienne s’opposait aux convictions les plus chères des Romains. Elle reconnaissait l’égalité de tous les êtres humains, l’existence d’un Dieu unique et d’une seule philosophie. C’est pour ces raisons que la plupart des premiers chrétiens furent persécutés, martyrisés et mis à mort. Ce sont les esclaves de Rome qui formèrent le premier noyau de la nouvelle religion. Peu à peu, sous l’influence de Paul, qui était citoyen romain, des nobles finirent par joindre les rangs. Les chrétiens furent quand même victimes de persécution jusqu’à l’avènement de l’empereur Constantin (306-337) qui reconnut légalement le christianisme et lui permit de se répandre. En échange, l’empereur devenait empereur de droit divin, selon le Dieu des chrétiens. Jusqu’au XVIIIe siècle, les monarques d’Europe recevront leur couronne des mains du Pape et seront investis d’une autorité de droit divin.

Le savoir chrétien est un savoir humain et philosophique, sauf en ce qui concerne les concepts de vie éternelle et celui de Jésus, messie, homme et Dieu, deuxième personne de la Trinité divine, né de façon miraculeuse d’une vierge et ressuscité des morts. L’intelligence humaine et la logique sont impuissantes à concevoir des phénomènes de cette envergure. C’est pourquoi ils ne peuvent être qu’objets de foi. Si on les accepte comme vrais, c’est qu’on y croit, car on ne peut les expliquer. Dans le christianisme, l’être humain a été conçu libre et responsable, esprit et corps, tout en ayant besoin des autres et en leur étant relié par l’amour. C’est par l’amour que chacun éprouve vis-à-vis les autres que l’on reconnaît les vrais chrétiens, car Dieu est amour. Les théologiens et l’Église institutionnalisée de Rome ont toutefois considérablement réduit le rôle de l’amour, ainsi que celui de la liberté et de la conscience personnelle dans la conduite morale de la vie. Tout en reconnaissant la présence de Dieu dans l’humain, ils n’ont pas reconnu à la conscience personnelle de chaque individu, la capacité de découvrir ce Dieu et de pouvoir juger par elle-même du bien et du mal. Pourtant, selon l’enseignement de Jésus, le bien et la mal sont dans l’agir humain. Celui-ci est guidé par l’Évangile et par la volonté de Dieu, telle qu’exprimée dans les dix commandements, auxquels Jésus a ajouté celui de l’amour de Dieu et du prochain.

L’Église catholique romaine s’est désignée comme étant la seule interprète du message de Jésus. Durant vingt siècles, elle a enseigné qu’en dehors d’elle, il n’y avait ni salut, ni vérité. Elle a toujours prétendu être la seule à posséder la Vérité dans toute sa splendeur et qu’elle avait, seule, la mission de la faire valoir. Fidèle à la philosophie grecque, l’Église catholique romaine, la seule interprète de droit divin de la Bible, soutient que l’âme humaine est immortelle et qu’à la mort du corps, elle va au ciel ou en enfer. Seul le corps est vulnérable à la mort, par suite du péché originel d’Adam et Ève, mais le corps est censé ressusciter au jugement dernier, à cause de la résurrection du Christ, nous enseigne l'Église.

Source :

Diverses lectures sur les religions

Livres suggérés :

Erasme, Didier. Philosophie chrétienne. Paris : Librairie philosophi, 1970, 399 p. (cote Dewey : 199.492 E65P)

Hegel, Georg Wilhelm Friedrich. La positivité de la religion chrétienne. Paris : PUF, 1983, 138 p. (cote Dewey : 201 H462p)

Labarrière, Pierre-Jean. Croire et comprendre : approche philosophique de l’expérience chrétienne. Paris : Éditions du Cerf, 1999, 195 p. (cote Dewey : 230.01 L113c)

Sachot, Maurice. Christianisme et philosophie : la subversion fondatrice originaire. Nantes : Pleins feux, 1999, 55 p. (cote Dewey : 270.1 S121c)

Tresmontant, Claude. Quel avenir pour le christianisme ? « Tâches de la pensée chrétienne aujourd’hui » et autres textes sur la problématique générale du christianisme. Paris : F.-X. De Guibert, 2001, 115 p. (cote Dewey : 230 T798q)





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