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UNE LARME A COULÉ…
Une larme a coulé lorsqu’on me la dit
Mon cœur n’était pas prêt, mon âme était transie
Moi, encore presque un enfant confronté à la mort
Avoir voulu aimer fut le seul de mes torts
La vie défile au loin de ma prison blanchie
Qui n’a point de barreaux ni de plancher verni
Quand les mains de mes hôtes se posent sur mon corps
Leurs doux gants de latex me rappellent mon sort
Les gens autour de moi n’osent pas m’approcher
Leurs regards sont curieux, ils cherchent à m’éviter
Mes parents et amis je les ai tous perdus
Pour eux, je suis déjà parti sans même avoir vécu
Mais la nuit je suis heureux quand mes rêves me transportent
Sur un nuage bleu, la lumière m’escorte
S’il y a un Dieu là-haut et qu’il m’ouvre les bras
Ce sera le premier qui l’aura fait pour moi
(En hommage à mon frère Richard, décédé du sida à l’âge de 32 ans)
Ce poème a été choisi par Radio-Canada pour être lu sur les ondes, lors de la Journée mondiale sur le sida
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