LA DÉPRESSION ET L'EXERCICE
L’état d’anxiété conduisant à la dépression nerveuse ne date pas d’hier. Platon, philosophe grec, parlait de l’anxiété et préconisait l’exercice physique comme traitement. De nos jours, de nombreuses études ont fait état des effets bénéfiques de l’exercice physique sur la dépression nerveuse.
Tous les participants à ces études, ont obtenu un regain d’énergie et se sont sentis beaucoup plus détendus en faisant de l’exercice physique. Ces études ont également démontré que les effets bénéfiques de l’exercice étaient encore présents bien des années plus tard ; la grande majorité des participants ayant choisi de poursuivre les exercices régulièrement.
Des chercheurs de l’université de Miami, ont étudié les effets protecteurs de l’exercice physique sur la dépression nerveuse. Ils ont constaté que les patients qui faisaient de l’exercice régulièrement, étaient mieux protégés. De plus, leur système immunitaire résistait beaucoup mieux au stress.
Les cellules NK (natural killers, ou tueuses naturelles) du corps humain constituent la première ligne défensive de notre organisme contre les invasions (virus, etc.) Ces cellules sont très sensibles à nos émotions. Plus nous sommes bien disposés mentalement, plus le travail des cellules NK est efficace. Par contre, lors des périodes difficiles, ces cellules ont tendance à ne plus effectuer leur travail correctement.
Une des caractéristiques de l’effort physique prolongé est qu’il permet de mettre un frein au flot incessant de pensées négatives qui nous envahissent. Il fut démontré qu’il est très rare que des idées noires surgissent durant un exercice physique. Quand c’est le cas, il suffit de reporter notre attention sur notre respiration ou toute autre sensation résultant de l’effort, exemple : lors des efforts déployés durant le jogging.
La plupart des joggeurs affirment qu’au bout d’une certaine période d’efforts soutenus, ils entrent dans un état euphorique où leurs idées sont automatiquement positives. Ils deviennent moins conscients de leur corps et ils se laissent guider par le rythme de l’effort. Ils appellent cet état : le ‘’high’’ ou l’extase du joggeur. Au point qu’ils ne peuvent se passer de leur jogging quotidien, même par mauvais temps.
Des chercheurs ont récemment effectué une étude comparative sur le traitement de la dépression au moyen du jogging et par la prise d’un anti-dépresseur très efficace : le Zoloft. Après quatre mois de traitement, les patients des deux groupes se portaient bien. Par contre, après un an de traitement, plus du tiers des patients soignés au Zoloft avaient fait une rechute, tandis que 92% des joggeurs se portaient parfaitement bien.
Une autre étude a démontré qu’il n’était pas nécessaire d’être jeune ou en bonne forme physique pour obtenir de bons résultats. Pour des patients dépressifs, âgés de cinquante ans et plus, le simple fait de faire une marche rapide de vingt minutes, trois fois par semaine, produisait le même effet qu’un anti-dépresseur, tout en étant beaucoup plus bénéfique pour la santé.
L'exercice physique agirait sur les sécrétions de sérotonine, ainsi que sur la noradrénaline, un neurotransmetteur important, jouant un rôle dans les troubles de l'humeur et sur la dopamine, le modulateur de l'humeur. Les effets de l'exercice seraient comparables aux nouveaux antidépresseurs (Prozac, Celexa, Luvox, etc.), tout en ne causant pas d'effets secondaires importants.
Au Canada seulement, 1,120,0000 personnes ont souffert de dépressions majeure en 2002, dont 300,000 au Québec, selon Statistiques Canada. Près de la moitié, soit environ 500,000 personnes, étaient des personnes actives.
Sources:
David Servan-Schreiber, Guérir le stress, l'anxiété, la dépression, sans médicaments, ni psychanalyse, 301 pages, Laffont, 2003, ISBN2-221-09762-9
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